Les Papillons… la suite!

Après 5 mois de périple, notre blog WordPress est déjà rempli… qu’à cela ne tienne, pour lire la suite de nos aventures il suffit de vous rendre à cette adresse :

https://despapillonsdansleguidonlasuite.wordpress.com

Merci pour votre suivi et à très vite!

MuJu

Publicités

Lijiang (11-15.11.18)

DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018

Nous prenons nos marques dans cette ville et surtout dans notre chambre. C’est calme, propre et même s’il n’y a pas de chauffage l’eau est bien chaude. Nous irons nous balader dans la vieille-ville si réputée et qui a été reconnue comme patrimoine de l’Unesco. Nous sommes à deux pas. C’est joli et tout est pavé. Peu de monde au début et il y a quelques échoppes classiques.

Puis nous rencontrons divers magasins de souvenirs. Nous y trouvons un peu de tout, ça va du marchand d’habits, au vendeur de djembé (l’Afrique n’est plus très loin!), de bijoux, de thé, de viande de yak et d’autres encore.

Au début nous prenons du plaisir à déambuler dans les ruelles puis le monde afflue et c’est moins drôle. Nous nous dirigeons vers le fameux parc de l’étang du Dragon Noir.

De là nous pouvons admirer le Mont Yulong enneigé. C’est vraiment très chouette. Le soleil est avec nous et les températures oscillent jusqu’à 20 degrés en tout cas.

LUNDI 12 NOVEMBRE 2018

Nous avons pris le temps de nous renseigner un peu sur l’histoire de la ville et de sa vieille-ville qui attire tant de touristes. Pour la plupart, Chinois, nous croiserons des Européen mais sur les doigts d’une main!

En 1996, Lijiang doit faire face à un tremblement de terre. Ce dernier a ravagé 1/3 de la ville. Toute la vieille-ville va être reconstruite mais avec quelques modifications tout de même. Avant ce désastre, Lijiang souhaitait faire le concours pour que sa vieille-ville fasse partie du patrimoine de l’Unesco. Bien entendu le tremblement de terre annula et reporta la demande de concours. En reconstruisant la ville, les autorités en ont fait un site entièrement touristique et dédié aux touristes. Les échoppes de bouchers (par exemple) ont été délocalisées parce qu’elles n’apportaient rien aux touristes. Aujourd’hui les locaux doivent traverser la vieille-ville pour se rendre dans les commerces délocalisés. Cette vieille-ville est jolie mais le fait de ne voir que des boutiques pour touristes en enlève un peu le charme malheureusement.

Les commerçant sont tous sur leur téléphone et ne sont pas vraiment accueillants. Ils veulent simplement vendre leurs produits.

Nous retournerons nous balader mais cette fois avec un autre regard. Nous ferons la connaissance de Grognon un gentil cochon qui est plutôt là pour appâter le touriste. Nous on lui fait des tas de gratouilles et on le prendrait bien avec nous!

Nous voguerons aussi en dehors de la vieille-ville et croiserons Mao.

Le soir nous irons au restaurant dans notre quartier. Croyant commander un plat avec du poulet nous serons plus que surprises de voir arriver un met avec des boyaux…

C’est le risque lorsqu’on commande dans une autre langue et ceci même avec le traducteur. Autant vous dire qu’on a souri et mangé juste les légumes et le riz. Ça faisait un peu maigre quand même.

MARDI 13 NOVEMBRE 2018

Journée off où nous avons vraiment pris le temps de faire la suite de notre itinéraire en Chine après plus de 30 jours déjà. Puis le Laos où Jojo va nous rejoindre 🙂 et le Cambodge et le Vietnam. Il était important de savoir comment obtenir les visas et quel sens était le mieux pour jongler avec ces pays limitrophes.

Le soir on ira manger du poulet. Mauvaise surprise encore puisque nous aurons des bouts de poulet sans les ailes ni les cuisses qui font partie d’un autre plat…La photo montre les os qui restent. Initialement ce n’était pas très rempli et copieux.

MERCREDI 14 NOVEMBRE 2018

Encore une journee off et aussi parce que nos estomacs sont un peu en vracs. On fait quand même une balade dans notre rue!

JEUDI 15 NOVEMBRE 2018

On s’est suffisamment reposé. Nous décidons (déjà hier) de faire un peu de vélo et de nous rendre au lac Lashihai à environ vingt kilomètres de notre hôtel (en réalité c’est moins mais on a fait un petit détour). Il fait beau et chaud et c’est à 9h30 que nous partons munies de deux sacoches pour faire un petit pique-nique. La petite traversé de de la ville se fait tranquillement et avec peu de trafic. Ça monte un peu pour accéder au site et puis on cherche à se diriger au bord du lac. Ça sera peine perdu : TOUT est clôturé. Impossible de s’approcher. Bah dit c’est quoi ce plan.

Nous nous dirigeons vers une entrée pour touristes où des chevaux attendent pour les emmener effectuer un petit tour. Nous nous retrouverons devant une entrée payante et digne d’un Dysneyland Chinois.

Ce n’est pas que l’entrée est chère c’est le principe de payer pour rentrer dans un parc pour faire un pic-nique et admirer la vue qui nous ennuie. Et puis il aurait été impossible de rentrer avec les vélos. Nous décidons de revenir sur nos pas où la vue est tout aussi jolie et moins organisée pour les touristes. Ici, des mariés se font photographier pour la séance photo. Nous mangerons là avec le soleil, le lac et les montagnes au loin. Nous sommes bien et la vue est belle. Nous croiserons des grues en vol.

Sur le chemin du retour voici Lijiang.

Puis nous nous arrêterons dans une grande surface. Voici une vision des snaks Chinois. Il faudrait qu’on teste un de ces jours.

Juju craque et cela n’est pas pour me déplaire : ce soir c’est bolo au menu ! Yes 😉

Entre deux coups de pédale dans la piscine transformée en salle de sport.

Une petite bouteille de vin.

C’est sur la terrasse (tout en haut sur les toits) que Ju préparera un repas de reines. Demain nous reprenons la route en direction des fameuses Gorges du Saut du Tigre!

Bien à vous’

MuJu

Quelques lacets de trop (10.11.18)

A 6h30 nous étions prêtes à rejoindre la gare routière après avoir pris un petit-déjeuner. Il fait un peu frais dehors mais c’est agréable. Il fait encore nuit dehors et nous apprécions l’atmosphère encore calme. Déjà les femmes s’activent à balayer la ville et à ramasser les déchets. Il doit y avoir des équipes de nuit et d’autres de jour. C’est partout très propre. Ce sont très généralement des femmes qui sont affiliées à cette tâche mais les hommes aussi. Ils sont tous habillés avec des habits de couleur orange fluo.

Au guichet nous retrouvons la même personne que la veille. Nous prenons nos tickets et passons toutes nos affaires aux rayons X. Comme à l’accoutumée c’est plutôt une formalité qu’autre chose et nous n’avons aucun problème. La journée débute bien. Nous aurons une petite heure à patienter avant de passer de l’autre côté de la barrière, de montrer nos billets (avec prise de l’empreinte faciale) et de découvrir notre chauffeur. Nous avons de la chance il a l’air sympathique. Il ne dit rien de spécial pour les vélos et ouvre deux portes de soute pour les caser. Mumu devra enlever la roue avant pour mettre Pompon. Les vélos en place et bien calés avec les sacoches, nous comprenons très vite qu’il faut payer un supplément. Eh oui ils prennent de la place et empêchent de bien ranger les affaires à venir. Nous étions au courant et heureusement il ne nous demande que 100¥ pour les deux vélos (CHF 15.-). Cela aurait pu être plus. Du moment que les vélos sont dedans c’est le principal. En place à présent ! Voici notre bolide.

Nos places sont numérotées. Le bus est propre, nous serons bien. Nous avons nos deux sacoches de nourriture avec nous afin de pallier aux différents petits creux. Il y a la pause de 10h, le déjeuner et le petit grignotage pour faire passer le temps. Nous sommes bien. Le bus démarre à l’heure prévue alors qu’il est au trois-quart plein. Cela va se remplir en route. D’ailleurs cela ne tarde pas dès que nous sortons du parking, nous nous arrêtons pour prendre deux-trois passagers. Ils ont réussi à détourner les contrôles 😉

Pour mettre six heures de voyage, nous sommes quasiment certaines qu’il prendra l’autoroute car les kilomètres sont importants et ce n’est pas possible de respecter l’horaire sinon.

Nous déchanterons vite. Très vite (même) lorsque nous comprenons que le bus n’a pas de wc à bord et qu’il prend la route escarpée de montagne. Au début, la route nous enchante et son paysage également. Mais elle commence à devenir une route de montagne très étroite. Le chauffeur roule vite et klaxone à tout va. Nous comprenons rapidement pourquoi : il double les véhicules sans aucune visibilité et klaxone pour prévenir les véhicules potentiels arrivant en sens inverse! Il klaxone presque dans chaque virage pour prévenir de son arrivée. Au début nous râlons un peu et puis nous nous tairons. Si le chauffeur ne klaxonait pas il serait impossible d’emprunter cette route en Chine conduite par des Chinois. C’est comme cela qu’ils roulent et ça semble fonctionner à peu près. Oui car durant notre trajet, nous verrons plusieurs véhicules retournés et dans le fossé. La route est tantôt grimpante, tantôt descendante. Les lacets commencent. Un premier virage. Un second. Encore et encore. Cela va être ainsi des heures durant (presque la totalité du voyage). Autant vous dire que le petit grignotage prévu ne va pas être possible au risque que nos estomacs ne supportent pas. Ju contrôle (quand elle peut) la route. Nous nous rendrons compte que pour relier les plus de 400 km, les six heures prévues (qui sont apparemment indicatives) seront doublées. Nous sommes dépitées. Nous devons nous concentrer sur notre respiration et sur la route pour tenir bon. C’est difficile. Nous sommes cependant soulagées d’avoir pris la décision de prendre un bus car la route à vélo aurait été un cauchemar ! Le bas-côté est inexistant et la visibilité plus que médiocre. Et c’est raide, plusieurs cols à passer, avec le froid de l’altitude…

A midi le bus s’arrêtera pour que ses occupants mangent. Pour nous ce sera la diète. Impossible de manger quoi que ce soit. Les seuls aliments que nous mangerons seront des pommes, des mandarines, du pain et deux Snickers. Les passagers sont calmes et ne crachent presque pas. En revanche nos deux voisins de devant puent, c’est l’horreur. Ils ne se sont sûrement pas lavés depuis un bout de temps. Notre voisin de derrière vomira… Nous sommes bien entourées.

En chemin, des gens descendent et d’autres montent. Lorsque les soutes du côté gauche s’ouvrent nous ouvrons l’oeil afin que rien ne soit mis sur nos vélo. Cette fois nous arrivons trop tard et Pipistrelle n’est presque plus visible, ensevelie et entourée de gros sacs de riz ! Pompon est bien entouré lui aussi et un coq (bien brave) lui tiendra compagnie. C’est quand même du mythe le voyage en bus.

Nous aurons le privilège de prendre le détour par le lac Lugu, un site touristique situé dans la région du Yunnan à 2’690 mètres d’altitude. Le lac s’étend sur 50 km entre le nord du Yunnan et le Sichuan. Aux alentours vivent des habitants qui proviennent majoritairement de la minorité Mosuo, un sous-groupe de la minorité Naxi. Les Mosuo sont l’une des dernieres sociétés matriarcales. Nous ne les verrons que depuis nos fenêtres malheureusement. Nous aurions sûrement fait différemment si nous avions eu connaissance du trajet du bus. D’ailleurs peu avant de changer de province, nous avons pu constater un changement au niveau des habitations. Elles étaient toutes construites en rondin. Les costumes des femmes étaient différents et riches en couleurs.

Nous arriverons à 19h après onze heures de bus et seulement trois pauses pour nous dégourdir les jambes et aller aux toilettes. Autant dire que nous n’avons pas beaucoup bu durant le trajet.

Notre chauffeur (secondé par un autre durant le trajet) nous dépose à quelques petites minutes de notre hôtel. Pompon est un peu tordu au pare-boue mais rien de bien méchant. Pipistrelle est en pleine forme. Nous trouverons l’hôtel rapidement grâce aux renseignements pris au préalable par Ju. Nous sommes proches de la vieille-ville mais un peu en dehors tout de même dans une jolie ruelle pavée. La chambre est grande et propre, c’est parfait. Nos vélos sont dans la chambre alors nous sommes tranquille. Nous allons rester quelques jours ici pour profiter et prendre du bon temps surtout qu’ici les températures sont en hausses (environ 20 degrés la journée).

Bien à vous’

MuJu

Une nuit réparatrice (09-10.11.18)

VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018

La nuit a été bien fraiche, le givre sur la tente en est le témoin.

A notre réveil nous voyons le grand-père s’activer à couper du bambou. Je me demande bien ce qu’il a dans la tête. Nous verrons bien.

Ce matin nous devons faire un feu non pas pour nous réchauffer mais pour faire chauffer l’eau du café et du thé. Depuis hier soir il nous est impossible de faire fonctionner notre super réchaud! Le feu est notre salut, cependant cela prend plus de temps puisque nous devons attendre qu’il y ait suffisamment de braises. Le grand-père est juste en-dessous de notre forteresse, assis sur un petit tabouret sur le chemin. Il coupe avec son couteau la longueur souhaitée. Il ouvrira chaque bambou dans le sens de la longueur puis il les affinera jusqu’à obtenir de fines lamelles de bambou. A coup sûr il va tresser une paillasse!

De notre côté l’eau a bouilli et notre petit-déjeuner débute. Nous aurons la visite rapide de sa femme qui est aussi en forme que lui. Nous voyant manger des biscuits il viendra nous apporter deux belles patates. Il est incroyable. Par contre ce sera pour une autre fois, le feu s’éteint déjà et nous devons nous préparer pour reprendre notre route.
Nous quittons cet endroit somptueux et nous nous armons psychologiquement et physiquement pour ce nouveau col.

Ça va grimper. Les pentes principales se situent entre 7 et 8 pourcent. Les autres sont encore plus raides et on mouline sagement en attendant que cela passe. Nous avons environ vingt-cinq kilomètres avant d’arriver en haut et ensuite ce sera cinquante kilomètres (!) de descente. Yahou !

En Chine ils adorent les lignes à haute tension, il y en a partout. Sur une vue panoramique ça peut vite donner le tournis.

La vue est vraiment très belle et heureusement nous n’avons pas trop de circulation et de ce fait peu de klaxons.

A midi nous traversons un petit village très haut en couleurs. Les femmes sont toujours aussi belles et d’une force de caractère incroyable. Elles sont fascinantes.

Notre cuisinière du jour nous accueille avec le sourire. Elle nous préparera des nouilles au bouillon sans piment. En attendant nous bronzons au soleil et observons ce qui se passe.

Il y a maintenant beaucoup de trafic et les klaxons chantent et résonnent à tue-tête c’est exquis. Julie sympathise avec un local qui aura le droit à une photo avec. Puis un policier tentera de communiquer avec nous. Nous sommes en plein déjeuner et il nous ennuie. Il veut savoir d’où nous venons et connaître notre nationalité. La réponse lui ayant été donnée, nous pensons nous en défaire mais à présent il veut voir nos passeports. Nous nous mettons au goût de jour et faisons mine de ne rien comprendre. Il est persévérant et passera plus de quinze minutes à traduire sa question dans un anglais enfin juste. Mu n’a aucune envie de lui présenter les passeports. Aussi nous lui montrerons une photocopie qui lui conviendra. Enfin il part.
Les nouilles sont très bonnes ça nous redonnera des forces pour la suite. Voici le restaurant.

Et voici des exemples de paillasses. (Elles ne sont pas toutes jeunes)

La route deviendra bien fatiguante et pas des plus tranquille. Il y a beaucoup plus de véhicules (voitures, camions et bus). Nous devons regarder les véhicules en face qui doublent sur notre voie (…) et ceux qui nous dépassent par derrière. C’est sport la Chine!

Nous croiserons un peu de neige qui fond sur le côté de la route.

Nous essuyons ensuite une jolie descente qui donne sur un grand marché.

Nous ne nous éternisons pas car ici ça souffle et puis ça remonte aussi! Nous arrivons au bout de ce col erreintées. En effet les klaxons ont eu notre peau (d’oreille). Ju n’est pas contente du tout. Ces Chinois qui klaxonent dans le vide, dans le virage, pour doubler, pour saluer, pour pour et pour, lui tapent sur le système :

– C’est le dernier col comme ça! Aucun plaisir. Ce sont vraiment des —- avec leur klaxon. Il y en a marre! S’il faut partir de la Chine avant…on le fera. Mu n’est pas aussi énervée et prend les choses différemment. Mais la route était vraiment difficile à cause du bruit principalement.

Bref la digestion doit se faire, ça ira mieux ensuite.

Nous sommes à 3’220 mètres. Ici pas de vue et très peu d’espace pour se reposer. Nous trouverons un bout d’herbe en bord de route. C’est la pause Snickers, pomme et compagnie. Mu s’équipe pour la descente et met son casque. Ici nous ne rigolons pas avec la sécurité. A tout moment, de la roche peut descendre des falaises et s’écraser sur la route. Cette dernière est étroite. Les glissières de sécurité sont basses ; soyons vigilantes. Ça y est c’est parti! Nous gardons une bonne distance entre nous deux, environ cinquante mètres. Les mains rivées sur nos freins, dans le rétroviseur et devant nous. La vue est splendide. Il fait beau et chaud.

Attention dans la descente aux grandes lignées d’eau laissées par les camions. (Pour refroidir les freins à disque dans les descentes, les roues sont surplombées de petits tuyaux d’où se déversent de l’eau froide en continu.) Nous rencontrerons plusieurs espaces dédiés au lavage des camions et permettant de remplir leur réservoir d’eau. Mu fera une pointe de vitesse à 50 km/h et Ju 55 km/h. Après plus d’une heure de descente nous appercevons la ville de Xichang. Il est 17h passés. Le nombre impressionnant de serres nous ébloui presque.

Petite pause pour admirer la vue.

Normalement Frédéric nous rejoint ce soir, il est en chemin. S’il y parvient, il aura parcouru 100 km. Ce sera notre dernière soirée ensemble puisqu’il a décidé de rejoindre Lijiang à vélo.

Ça y est nous sommes presque arrivées en bas que le niveau sonore des véhicules nous submerge. Je peux entendre et voir Julie s’énerver contre les conducteurs et les véhicules. Je décide de nous arrêter pour une petite pause avant de nous fondre dans la masse chaotique de la circulation. Nous nous mettons en selle et là l’innatendu survient. Ju regarde si elle peut se glisser dans la circation et d’un coup sa sacoche avant droite bute sur un morceau de roche. Pas le temps de comprendre mais juste d’observer l’inimaginable se produire sous les yeux d’une Mumu impuissante. Ju et Pipistrelle se retrouvent à faire une rotation de 180 degrés dans le caniveau. Ju a le réflexe fou (avec ses bonnes notions de grimpe) de s’agripper au muret devant elle (tout en retenant son vélo avec ses jambes!). Que faire? Lâcher gentiment Pipistrelle pour remonter. Ouf plus de (grosses peur) que de mal! Une petite éraflure sous la lèvre inférieure et le muscle de la jambe droite bien écrasé. Arnica pour commencer. Même pas le temps de se poser que Ju ne pense qu’à son vélo malgré le fait que Mu descend s’occuper de sa monture qui attend sagement. Tout est en place et rien ne semble abîmé. Mu décroche les sacoches et le reste du matériel et Ju le remonte à terre. Un gentil jeune homme viendra hisser le vélo hors du caniveau. Seules ça aurait été possible mais un peu difficile. Merci à lui! Bien-sûr Mumu pense à tout sauf à immortaliser le moment. Ju se fera une joie de reconstituer la scène afin que vous puissiez vous rendre un peu compte.

Nous nous remettons de nos émotions et avec le sourire et le rire quand Frédéric arrive et termine sa descente du col.

Nous nous concertons pour dénicher un hôtel pas trop cher et pas au centre-ville. Nous souhaitons être au calme. Grâce à Ju (qui va bien) nous passons par des petits axes moins fréquentés. Nous arrivons dans un quartier très sympathique à environ 6 km du centre. Le quartier bien fourni en restaurants nous conquît d’emblée. Nous trouvons aisément l’hôtel où on y parle anglais. Mu ira voir comment sont les dortoirs et les chambres pour évaluer les possibilités. Au vu des nuits précédentes, tous décident de rester deux nuits ici. Nous prendrons une chambre pour trois puisque c’est moins cher et cela convient à chacun ainsi. La chambre est propre et le personnel féminin nous aidera à monter nos sacoches au premier étage. Nos vélos peuvent rester devant la réception, c’est parfait. Au vu de l’heure tardive pour manger (19h passés), nous sortons vite. La réceptionniste viendra nous aider à commander afin de changer un peu de viande. Ju et moi-même n’avons mangé jusqu’à présent que du porc…et nous en avons marre. Nous aurons le droit à un plat avec riz et viande de boeuf. C’est bon et c’est pas cher!

SAMEDI 10 NOVEMBRE 2018

Aujourd’hui c’est journée off. Nous prendrons le temps pour nous renseigner auprès de la gare routière. Nous souhaitons prendre un bus pour relier la ville de Lijiang. Nous avons pris cette décision au vu du nombre de cols bien raides à grimper, de la circulation effrénée en Chine et de l’étroitesse de la route. Nous souhaitons découvrir enfin le Yunnan. La réceptionniste nous dit que la gare routière où nous devons nous rendre pour la destination souhaitée est en dehors de la ville. Ju est sceptique car il y en a aussi une à dix minutes de l’hôtel. Étant donné que la réceptionniste est sûre d’elle nous décidons de l’écouter. Mais avant, il faut manger et il est bientôt 15h. Nous ne trouverons pas le restaurant escompté mais les brochettes oui! Ça nous change des nouilles et du riz! Un local (qui parle bien anglais) viendra même nous aider pour commander : brochettes de poisson, crevette, boeuf et riz avec pleins de choses dedans. Nous sommes ravies.

Pour aller à la gare routière nous ferons plus de trente minutes de bus. Le trajet est convenable mais quelle chaleur. Les températures ont bien augmenté et ça nous fait du bien. Pour payer, il faut mettre l’argent dans une caisse vers le conducteur ou avoir une carte magnétique. Mieux vaut avoir la monnaie sinon c’est difficile car le chauffeur à autre chose à faire que de faire la monnaie. La course coûte 2¥ (CHF 0,28) par personne. Autant dire qu’avec notre billet de 10¥ nous ne pouvons payer. Le conducteur s’en moque. Nous paierons au retour. Toujours est-il qu’arrivées à destination on nous dira que nous ne sommes pas au bon endroit!! Nous perdrons plus d’une heure avec ces bêtises mais au moins nous aurons expérimenté le bus et vu un peu la ville qui est grande.

Nous ferons un crochet au WalMart pour nous approvisionner en pain (on a même trouvé de la baguette), Snikers et confiture.

En chemin, plus de batterie sur le téléphone de Ju. Nous espérons qu’à la gare quelqu’un parle un peu anglais. A la gare, nous somme reçues par une femme très sympathique qui a quelques notions d’anglais. Le bus pour Lijiang part à 7h50 et c’est le seul qu’il y ait par jour. Le trajet dure approximativement 6h. Nous ne savons pas la route qui sera empruntée et donc le nombre de kilomètres qu’il y aura. C’est toutes contentes que nous reprenons la route de l’hôtel pour nous faire un repas de chefs : un barbecue devant nous. La réceptionniste viendra nous aider à commander. Boeuf, poulet, tofu, crevettes, patates et aubergine seront accompagnés d’une bière (légère) mais bien fraîche. C’est très bon mais la palme du meilleur aliment sera dédiée à l’aubergine et à sa sauce incroyable. L’aubergine est posée entière sur le grill et il faut attendre qu’elle soit bien cuite pour l’inciser avec une paire de ciseaux. Il faut ensuite déverser un bol d’une sauce bien assaisonnée qui lui donne une saveur inégalable. C’est au piment avec de l’huile, de l’ail, du gingembre, (de la tomate?), de la coriandre. Un régal! Nous aimerions beaucoup connaître la recette de cette sauce.

Nous ne laisserons rien. Difficile de faire comme les Chinois qui laissent beaucoup dans les plats.

Demain matin c’est un réveil aux aurores : 5h30. Nous espérons que nous arriverons à détourner les rayons X pour passer notre essence et notre WD40 (déniché au WalMart)!

Bien à vous’

MuJu

Vivement le retour du soleil (07-08.11.18)

MERCREDI 7 NOVEMBRE 2018

Nous décidons de prendre la route alors que Frédéric décide de rester un jour de plus à Luoeyigan puisqu’un professeur de chinois (croisé en ville) lui a proposé de venir raconter son aventure aux enfants de l’école (située à quelques kilomètres de là). Chouette projet! Nous préférons reprendre la route. Il est vrai que notre logement pour la nuit était assez folklorique. Le point positif étant que nous avons pu mettre nos vélos dans la chambre. Pour rentrer dans notre chambre nous devions demander à la réceptionniste puisque la carte pour ouvrir notre chambre ne sert que pour la lumière! Pour Frédéric c’est pareil. C’est ainsi pour tout l’hôtel ! Depuis plusieurs fois nous avons constaté que les hôtels sont ouverts 24/24h. A côté du comptoir de la réception il y a un lit. La réceptionniste peut dormir à sa guise et servir le client quand il arrive.

Mais avant notre départ les petites nouilles sont de rigueur! Et oui il est presque 11h30 et mieux vaut manger maintenant car après cela risque d’être difficile voir impossible à trouver sur la route! Nous nous arrêtons à la sortie de la ville. Nous trouvons plusieurs petits restaurants. Nous voulons manger de la patate puisque nous avons constaté qu’ici ils en préparent le long des routes. Les frigos des restaurants en ont aussi. Par contre pour cette fois, pas de patate. Nous mangerons donc des nouilles (nous allons bientôt nous transformer en nouilles si ce régime continue!) dans du bouillon. Ils ajoutent généralement quelques feuilles de salade et souvent du chou, un peu de viande, des oignons et voilà c’est prêt. Pas de possibilité de manger un plat de nouilles sans bouillon, ils ne comprennent pas. Je pense que tout Italien qui a voyagé en Chine comprend ce ressenti 😉 Déjà que pour dire ce que l’on veut dedans ce n’est pas évident aussi. Si ce n’est pas des nouilles, c’est du riz. Ces derniers temps les restaurants ne proposent pas de menu ou de carte des mets. A nous de nous faire comprendre… Ce midi nous ne précisons pas, la phrase qui peut sauver : sans piment. Mumu reçoit un bon bol bien rouge. Elle doit être dans une phase spéciale parce qu’elle mangera presque tout son plat sans rien dire. Après 10 minutes, tout de même, le plat est réellement très fort et ne pourra être terminé. En Chine c’est courant de ne pas terminer son ou ses plats. Cela signifie que l’on a bien mangé et que la nourriture n’a pas manqué ! Ainsi, suivant le plat nous nous sentons plus Chinoises lorsque nous ne terminons pas. Julie demande une grande assiette de nouilles avec pleins de choses dedans. Elle montre l’assiette. Ils semblent avoir compris. Julie recevra bien son assiette mais froide! Euh attends il y a un truc qui cloche. On leur montre d’abord mon plat qui fume et on essaye de faire comprendre que l’autre plat est froid. Ils reviendront avec le même plat que le mien …que nous refuserons parce que Julie souhaite manger les nouilles qui lui plaisent. On leur montre ensuite le pictogramme d’une poêle avec des flammes dessous. Ils nous répondront « Meo ». Ce qui veut dire que ce n’est pas possible. Bon et bien ce sera un repas froid pour une et chaud pour l’autre. C’est dingue! Dehors des enfants jouent. Depuis quelques jours Nous remarquons que les enfants sont un peu négligés. La morve coule et sèche sous le nez…

Nous nous verrons offrir par la suite, chacune une bonne pomme par la cuisinière. Merci! Ici les pommes sont incroyables mais nous ne savons pas vraiment d’où elles viennent. Il y a également des bananes, des mandarines, des oranges et d’autres fruits que nous ne connaissons pas. Au rayon des légumes, c’est courgettes, haricots, oignons, choux, radis. Devant les maisons, nous pouvons admirer des quantités incroyables de maïs qui sèchent mais nous ne les voyons nul part dans les petits magasins. Peut-être en mangerons-nous plus tard et sous une autre forme que les pop-corn en vente! La route que nous prenons est relativement raide et étroite mais très belle le long de la rivière.

Les camions et les voitures ne nous laisseront pas de répit. En effet ils klaxonnent toujours autant et ce n’est pas le petit klaxon suisse c’est un klaxon chinois. Un klaxon chinois s’utilise pour dire :

  • Coucou!
  • Je vais te doubler
  • Dégage j’arrive
  • Je passe
  • J’ai envie de klaxoner
  • Je suis content
  • Je suis pas content
  • Attention (à une poule, chèvre, vache, enfant, personne qui traverse)

Il y a aussi les véhicules qui klaxonent en sens inverse… Cependant il y a aussi la fréquence du klaxon, sa puissance (en fonction du véhicule) et son intensité. Voici quelques exemples (avec un peu d’imagination vous pouvez entendre ces doux klaxons) :

Exemple 1 : TÜT (1x) juste avant de nous dépasser. Le son est bien fort, bien agressif et bien à hauteur d’oreilles pour bien détruire le tympan. Un ça va. Plus de quarante dans une journée cela peut vite devenir un cauchemar.

Exemple 2 : TÜT……TÜT………….TÜT…TÜT. On pense qu’il va y en avoir qu’un puis non il y en a un autre puis encore. C’est bon on t’a entendu et on t’a vu. Arrête de klaxoner!

Exemple 3 : TÜÜÜÜÜT Souvent ce sont les chauffeurs d’autobus qui aiment user de leur klaxon bien puissant. Nous vous ferons écouter ça vaut le coup.

Nous pouvons pédaler tranquillement au bord de la route, presque sur la ligne blanche ou presque dans le talus sans déranger nous aurons le droit au klaxon.

Une personne qui marche le long de la route se fera klaxonner. Nous vous avouerons que les Chinois marchent sur la route sans se préoccuper d’être au bord, que les klaxons les canalisent. Pour eux c’est normal et parfois nous avons même l’impression qu’ils ne les entendent plus. Dans les villes les décibels sont très élevés à cause du nombre impressionnant de klaxons et de bruits en tout genre.

Ju peine un peu aujourd’hui et nous allons à son rythme. La vue est belle. Nous savourons.

Tiens les habitations ont des jolies sculptures sur les toits et en-dessous. Aucune idée de la signification.

Nous atteindrons la ville de Zhaojue après 29 km seulement. Nous sommes de suite assaillies par le bruit à l’entrée de la ville. Il nous faut rapidement trouver un hôtel et ce n’est pas une mince affaire. Nous tentons une approche auprès d’un poste de police qui nous rigolera au nez. Ce ne sont pas eux qui vont nous aider à trouver un logement. Parfois, si un cyclo arrive dans une ville, la police l’emmène dans un hôtel pour éviter qu’il ne campe. Oui tout étranger doit passer la nuit dans un hôtel. Ceci est valable sur tout le territoire chinois! Nous avons froid et il nous faut trouver un hôtel. Nous en trouverons un finalement. La chambre n’est pas chauffée (on commence à s’y faire quoique…) et donne sur la rue très bruyante.

La fenêtre ferme mal et nous pensons que le bruit s’estompera plus tard dans la soirée. La chambre peut loger nos deux vélos et c’est parfait. Par contre cette chambre est très certainement la pire que nous ayons eu jusqu’à présent (prix compris)! On garde le sourire hein!

Le bruit ne cessera pas…vive les boules quies. Ce soir, après une petite escapade semi-nocturne, nous décidons de manger des nouilles instantanées puisque nous n’avons pas faim à 18-19h.

Après c’est toujours plus difficile pour se nourir. Incroyable et vrai, nous assisterons à la joie des Chinois face à la tombée de la neige. Il neige!! Et ce n’est pas le petit flocon mais le gros 😀!

Gloups demain espérons que tout ceci disparaisse pour que nous puissions rouler et quitter cette ville bien trop bruyante.

JEUDI 8 NOVEMBRE 2018

Une nuit pas trop mauvaise mais déjà à 6h la ville se réveille . La musique (des magasins) reprend comme jamais à plein tube et à fond. Ce qui est absolument incroyable dans ces petites villes chinoises et ces hameaux, c’est que tout est ouvert. Les salons de coiffure, les restaurants, les magasins de chaussures, de vêtement, de nourriture, etc. Tout est ouvert. Pour la majorité de ces échoppes, il n’y a pas de porte, seulement des portes métalliques de garage pour la fermeture complète. Ils ne semblent pas souffrir du froid cependant ils sont équipés de gros manteaux et de capes bleues bien épaisses. Ils sont bien. Ils ont l’habitude de ce climat et passent leurs journées dans le froid. Nous ne sommes cependant pas encore prêtes pour nous faire couper les cheveux la porte ouverte!

Oh Mumu il y a des cyclos!!! Ju les verra pas la fenetre mais à cause du bruit de folie ils n’entendront pas ses appels. Nous sommes prêtes vers 10h pour nous diriger vers un col.

La route est très belle mais ça grimpe jusqu’à plus de huit pourcent. Mumu peine un peu ce jour. Le souffle manque un peu. Les buffles se fondent dans les paysages et les cultures.

C’est beau. Nous nous rendons compte de la chance inouïe que nous avons d’être là. Ça klaxonne beaucoup malheureusement mais nous gardons la tête haute. Les locaux que nous croisons en chemin sont d’une beauté difficile à décrire.

Ils nous sourient. C’est si bon. Les enfants nous regardent d’un air tantôt malicieux tantôt curieux et intrigué.

Nous mangerons dans un petit bouiboui sur la route dans un hameau. Une poule a perdu la vie et elle se fait plumer. La viande est fraîche, rien à redire.

Notre cuisinière est charmante et nos nouilles très bonnes.

Nous décidons de nous arrêter 30 kilomètres avant le col afin de trouver un endroit pour bivouaquer qui n’est pas trop en altitude.

Nous sommes à 2’550 mètres. Le dernier village où nous faisons quelques achats nous donne une curieuse impression. Certains marchands ne semblent pas vouloir qu’on leur achète quelques denrées. Nous ne nous éternisons pas. Il nous faut trouver un bivouac et ce n’est vraiment pas évident ici. Il y a beaucoup de cultures et de routes.

Nous nous écartons de la route et du village par un petit chemin menant à quelques habitations. Nous levons la tête et trouvons un petit terrain en hauteur. Il y a une énorme botte de foin et un gros tas de bois coupé. Une femme porte son enfant dans le dos et un lourd panier en osier rempli de légumes. Nous tentons de lui expliquer notre présence et surtout qu’elle comprenne notre intention de dormir ici pour la nuit. Elle semble avoir compris et elle nous quitte avec le sourire. Nous pensons bien que nous aurons de la visite. En effet cela ne tarde pas. Quelques minutes plus tard arrivent un homme, un jeune homme, des femmes et des enfants.

Nous venons vers eux pour leur expliquer notre intention de dormir ici. J’utilise les pictogrammes et ils comprennent. Il y a beaucoup d’échanges de sourires et de rires.

C’est chouette. L’homme demande une cigarette. Je lui demande ensuite si c’est tout bon pour lui si nous restons et il aquiesce. Chic! Nous nous installons et entre temps l’homme nous amène un bouquet de radis de son potager.

Ils sont énormes! Puis un vieil homme (son père sûrement) viendra visiter notre campement. Il a une forme olympique porté par ses 84 ans et il nous propose de faire un feu. En un rien de temps ça prend. Entre temps une petite fille nous tend un énorme radis blanc du potager! Ça pousse bien par ici. La paille et du bois sec c’est la réussite assurée. Le feu crépite déjà et toute la famille arrive pour discuter et se réchauffer. Le feu ça rassemble.

Ils nous proposent de partager leur repas mais il est tôt et nous préférons profiter de cet endroit incroyable. Merci à eux!

Ce soir c’est riz, haricots verts, ail, oignon!

Bien à vous’

MuJu

Repos à Yiguojue avant la grande descente (05-06.11.18)

LUNDI 5 NOVEMBRE 2018

Il a bien plu durant la nuit et nous étions contentes d’être au chaud sous ces grosses couvertures. Au réveil il n’y a pas de neige mais de la pluie. Nous décidons de rester une journée de plus ici. Nous nous sentons bien et un jour de repos peut faire du bien. Certes nous n’avons pas de douche mais nous ferons une toilette (très) sommaire à la bassine. La température de la chambre ne doit pas être au-dessus de 5 ou 6 degrés environ. Difficile de rester sans habit très longtemps!

Les vélos se portent bien derrière le billard et nous voilà parties à la découverte de la rue principale.

Dès 7h les véhicules commencent à klaxoner à tout va, le village s’anime. Les habitants passent leur journée dehors. Il fait froid mais ils sont équipés en conséquence.

Tous vivent dans leur maison qui leur sert d’échoppe ou de restaurant. Ce sont comme des garages avec la porte coulissante pour fermer. Ainsi lorsque l’on mange c’est ouvert et on voit ce qui se passe dans la rue. Derrière il y a la partie privée où la famille dort.

La journée se passe sans réel abri contre le froid et avec les enfants. Ces derniers (les tout petits) sont généralement bien emmitoufflés dans le dos de leur mère ou de leur grand-mère.

Dans les échoppes il y a les produits alimentaires et cosmétiques de base. Certains vendent des légumes et des fruits, des épices, etc. Pour se réchauffer, une grande majorité (si ce n’est pas tous) se réchauffe à l’aide de poêle dans la rue.

Tellement de choses à voir en si peu de temps. Les femmes nous sourient et nous parlent. Les hommes aussi. C’est toujours du Chinois mais c’est du dialecte à présent. Nous notons une grande différence. Dans ce village plein de vie les enfants sortent de l’école. Nous nous arrêtons pour acheter une pâtisserie locale et une foule nous entoure! Des jeunes filles nous demandent pour nous prendre en photo. Nous nous prenons au jeu (très courant et presque quotidien).

Nos emplettes terminées et notre déjeuner pris nous remontons dans notre tanière pour être tranquille et prendre le temps de nous reposer. Nous serons sous les couvertures pour la journée!

Nous ressortirons en fin de journée (pas trop tard sinon tout sera fermé) pour le dîner. Il fait nuit. Une femme cuit des graines dans un énorme wok à même les flammes. Elle est belle. Elle nous offrira quelques poignées. C’est très bon mais nous ne savons pas ce que c’est, dommage! Merci à elle.

MARDI 6 NOVEMBRE 2018

Une légère neige (très très) fine tombera sur nous lors de notre départ. Il fait froid puisque la météo indique 0 degrés Celcius. Aujourd’hui la route est chouette et n’est que descente! Il y aura quelques montées mais rien d’éprouvant. C’est parti pour 84 km.

Avant de partir nous avons fait le plein de petites madeleines, un régal pour les papilles. Surtout lorsque le pain (plutôt de la brioche) est inexistant ou très (très) moyen voire pas terrible.

Nous longeons la rivière et le trafic n’est pas dense; nous apprécions. Nous passerons plusieurs hameaux aux maisons de fortune.

Les femmes travaillent dans les champs, travaillent sur les chantiers avec les hommes, nettoyent le long des routes avec leur balai, s’occupent des bêtes, travaillent les graines assises par-terre devant les maisons, s’occupent de leurs enfants, portent de lourdes charges (sac de graines ou autre) dans leur panier en osier et marchent le long des routes. Elles sont vêtues d’une sorte de foulard et de manteau traditionnel noir avec des motifs colorés. Les hommes portent aussi les paniers en osier chargés et marchent le long des routes. La grande majorité des hommes Chinois fument la cigarettes et certains la pipe. Certaines femmes fument mais c’est plus rare.

Dans ces hameaux, les chiens sont parfois attachés et d’autres sont en liberté. Cela va de même pour les porcs qu’on voit en cage (exiguës) ou en semi-liberté. Les jarres en pleine route ainsi que les poules et les coqs en cage ou qui courent le long de la route. C’est toujours ce même sentiment de bien-être quand on les regarde. Ils nous sourient (pas tous). Leur vie est différente mais très certainement difficile. Ils semblent heureux pour la majorité.

Tous ont une table de billard par ici!

Ce soir nous rejoignons Frédéric qui est à l’hôtel. Nous avons retrouvé sa trace. Il n’a pas eu la même opportunité que nous et a passé la nuit précédente sous tente.

L’hôtel est muni d’une douche (extrêmement) chaude mais il fait froid car il n’y a toujours pas de chauffage ; des couvertures seulement.

Bien à vous’

MuJu

Un sacré col! (04.11.18)

Durant la nuit nous avons pu entendre notre hôte. Il a sûrement un peu trop forcé sur la boisson. Espérons que ça aille quand même.

Les chèvres ont fait la noce, elles aussi, en voulant s’attaquer à notre poubelle (décidemment). Notre réveil s’effectue autour des huit heures. Au niveau de la météo, il ne pleut pas mais il y a beaucoup de brume. C’est donc très humide quand même. Notre hôte parvient à se lever et nous fait chauffer de l’eau. Il se rendort ensuite assez vite. Frédéric parviendra tout de même à aller chercher le précieux liquide.

C’est vers 10h que Julie et moi débutons notre dur labeur. En effet, aujourd’hui est très certainement une des journées les plus difficiles puisque sur 20 km nous allons avoir un dénivelé de 1’100 mètres. Les jours précédents cela montait bien aussi mais par pallier et en dents de scie. Frédéric n’est pas encore prêt et nous rejoindra ensuite. C’est pour lui une formalité après avoir pédalé sur la route, tant convoitée, du Pamir ! Et puis aujourd’hui c’est aussi un jour un peu spécial puisque cela fait 5 mois pile que nous sommes sur les routes Julie et moi.

Au début la route est plaisante malgré le dénivelé encore correct et acceptable. Nous avons de l’asphalte et cela roule donc bien. La vue est incroyable sous cette brume. C’est calme. C’est silencieux. C’est mystérieux. Il y a peu de trafic. Les véhicules roulent avec les phares allumés ou avec les lumières de détresse afin d’être plus visible.

Nous passons à travers des hameaux de fortune où une kyrielle de bambins nous disent bonjour en anglais. Les femmes nous sourient et les hommes aussi. Rares sont ceux qui nous regardent sans broncher. Des porcs se promènent en liberté (enfin) ou sont dans la porcherie que nous sentons bien. Quelques veaux broutent le long des chemins mais ils sont rares. Les chèvres sont plus nombreuses et perchées dans les hauteurs pour goûter aux délices d’une herbe grimpante. Les hommes portent de lourds troncs d’arbres à mains nus. Les femmes sont souvent munies d’un panier en osier avec des lanières pour le porter dans le dos. Généralement c’est pour porter les récoltes, patates, herbes, etc. Elles portent de très lourdes charges et il n’y a pas d’âge pour travailler. Dans ces vilages nous reculons le temps. Les aiguilles tournent lentement et la vie est si différente. Ils prennent le temps. Ils restent ensemble et unis dans des familles nombreuses de 4 à 6 enfants en bas âges. Les plus âgés veillent sur les plus jeunes. Les femmes portent leur enfant dans le dos ou sur la poitrine. Difficile d’immortaliser ces nombreux sourires si vrais et bons. Cela remplit de joie les voyageuses que nous sommes et ça c’est la plus belle des récompenses!

La route est parfois un peu défoncée par les chutes de pierres qui obstruent une partie de la route. Il faut être vigilante.

Nous passons, depuis trois jours nous sommes sur cette route, des sortes de stop-barrage pour les véhicules. Au vu de l’étroitesse de la route et de ces pierres la circulation est alternée. Les files de véhicules peuvent être parfois longues. Nous nous demandons même si certains ne passent pas de nombreuses heures à attendre. Depuis le premier jour nous avons certainement dû passer quatre de ces stop-barrage.

Une pluie légère et fine viendra nous humidifier le visage. La route est devenue de la terre et est jonchée de pierres. C’est glissant et fatiguant.

Frédéric nous rejoindra 2h plus tard. C’est une flèche et c’est la dernière fois que je le verrai. Julie et Pipistrelle tracent elles aussi. Elles sont impressionnantes. Sur la route nous ne trouverons aucun restaurant, ce ne sont que des hameaux. Les heures défilent et Mumu s’épuise. Elle ne s’est pas rendu compte qu’ il était déjà 15h! Julie l’attend et impose une pause pour grignoter et reprendre des forces. Les muscles sont affaiblis il leur faut du sucre. Les pentes sont raides et cela continue de grimper pour arriver à 2’880 mètres. Les pentes que nous gravissons sont entre 5 et 6 pourcent avec plusieurs passages où la raideur imposée va jusqu’à 16 ou 17 pourcent.

Avec la fatigue cumulée, l’effort continu, le manque de véritable nourriture (pas de restaurant pour le midi), la pluie, la journée est éprouvante et les émotions « parlent » toutes seules. Mumu craque et est à bout de force.

Ju la rebooste. Nous arriverons ensemble au bout de ce col, il est 16h30.

Mu est exténuée mais le sucre ingéré va faire son effet. Il fait froid en haut et il n’y a rien à voir. Nous grignotons un peu et nous équipons pour la descente longue de 16 km. Les gants sont de rigueur! Il faut absolument que nous trouvions un endroit pour cette nuit et surtout un lieu chaud car il ne fait pas chaud. La descente du début s’effectue sur d’énormes pierres ; une idée de génie! Ça vibre, ça glisse c’est vraiment pas évident. Ouf le bitume revient. Il faut slalomer entre les pierres tombées. Mu a mis son casque pour la descente (!). Nous n’allons pas vite parce que c’est vraiment très raide, puis parce qu’il faut que les véhicules ascendants nous voient à temps. La route étant toujours peu large, ils roulent un peu au milieu. Ju a vraiment très froid et c’est très difficile pour elle de gérer cette descente. Ses mains sont congelées et il est difficile de parvenir à les réchauffer vraiment. Nous ne lâcherons pas. Mumu, cette fois, remotive le duo intrépide. Nous traversons un hameau de fortune en bas de ce col. Les habitants sont beaux et nous remarquerons un changement net sur les visages. Le Tibet se rapproche, lentement.

Le prochain village à 6 km est salvateur. Nous nous arrêtons dans un restaurant (ouvert=pas de porte) où les fourneaux tournent à plein régime et où nous nous sentirons bien. Un homme et une femme font la cuisine et Ju se réchauffe les mains sur les flammes du fourneau. Elle retrouve des mains lentement. Ça picotte sec! Nous montrons les nouilles et le canard (qui nous fait envie) pour le repas ; il est 18h environ. Nous avons faim! Nous verrons pour la nuitée plus tard. Pas de nouvelle de Frédéric que nous n’avons plus croisé. C’est normal qu’il ne nous ait pas attendu en haut du col mais pas de trace de lui ensuite. Espérons qu’il soit au chaud. Nous nous retrouvons chacune avec un bol de soupe et de nouilles rempli de pleins de bonnes choses. Par contre pour le canard ce sera pour une autre fois, ils n’ont pas compris. Nous nous réchauffons. Puis au moment de payer, le cuisinier nous demande (il fait le signe « dormir ») si nous savons où dormir et si nous avons besoin d’un hébergement. Quelle aubaine! Une voisine d’en face tient une sorte de motel (aucun moyen de le savoir car c’est bien caché) et il y a de le place pour nous. Bien évidemment aucun moyen de négocier le prix, après qu’ils aient discuté durant quelques minutes en chinois. Mais nous pouvons imaginer un peu ce qui a pu être dit :

[Au téléphone]

– deux étrangères à vélo veulent une chambre pour la nuit, tu as de la place?

— oui j’arrive.

[Au restaurant bouiboui]

– Ce sont elles.

— oui je vois.

– Combien fais-tu la chambre?

— Normalement c’est (?) ¥. Mais là peut-être que je peux faire plus.

– c’est toi qui décide de toute façon il n’y a pas vraiment d’autres endroits et il fait nuit

— Si je leur propose 50 ¥ c’est pas mal

– … bla bla bla

— … bla bla bla

Bref pour le prix c’est convenable car cela fait CHF 7,30. Nous suivons notre sauveuse et remercions le couple qui nous a préparé à manger. Dans une sorte de garage, derrière un billard, nous laissons nos montures se remettre de cette belle et intense journée. Nous montons des marches bétonnée et raides qui amènent à un premier étage. Il y a des chambres munies d’un numéro. C’est à ce moment-là que nous comprenons que c’est un motel. Nous nous rendons à l’étage supérieur qui donne accès à une cour. Il y a des chambres autour (sur un angle de la cour seulement) et une sera la notre.

C’est parfait. Il y a un grand lit et une couverture chauffante. Elle nous amène trois énormes couvertures, une bassine et nous indique la bouilloire dans le coin. Quel luxe! La chambre n’est pas chauffée mais c’est un détail. Les toilettes sont dans la cour. C’est simple et propre. Nous sommes soulagées et heureuses d’être au chaud! En plus il y a le wifi (nous avons réussi à demander le code et à le comprendre très rapidement). Notre hôte est adorable. Dehors il commence à pleuvoir bien fort. Suffisamment d’ailleurs pour que nous nous sentions bien dans cette petite chambre de béton.

Cette nuit sera réparatrice et demain s’il pleut nous resterons au chaud. Va savoir ce que nous déciderons ensuite car la neige est prévue! Mais la prochaine ville est à 40 km seulement et cette fois, la route n’est que descente.

Bien à vous’

MuJu

Le long de la rivière (01-03.11.18)

JEUDI 1ER NOVEMBRE 2018

Nous quittons cette auberge très sympathique mais un peu humide tout de même. En effet les habits mettent du temps à sécher dedans et dehors mais par contre la douche était un pur régal!

Mu s’est remise de ses émotions et surtout de son petit mal d’altitude.

Aujourd’hui nous prolongeons volontairement notre itinéraire afin de prendre des routes moins fréquentées et plus authentiques. En effet la circulation est toujours difficile et les camions, nombreux, ne facilitent pas notre affaire. Ils klaxonent toujours autant et leur klaxon fait toujours aussi mal aux oreilles à cause de leur puissance. La route est vallonnée et nous décidons de longer la rivière.

Nous nous laisserons absorber par des petits chemins paumés mais qui nous plaisent par leur authenticité et leur tranquillité. C’est un peu caillouteux mais qu’est ce que c’est joli! La Chine qui nous ravit c’est ainsi.

Nous nous fions ensuite à MapsMe. Est-ce une bonne ou une mauvaise idée difficile de savoir sur le moment.

Après coup nous sommes certains que l’idée était bonne. Après une dizaine de kilomètres il est prévu de retraverser la rivière par un pont. Le pont n’existe plus vraiment, seule sa structure est encore présente ; c’est à dire les colonnes.

Si nous continuons, la route nous mène ailleurs, à des kilomètres de notre destination. Plus loin il y a un barrage avec une barrière et un garde. Nous demandons de pouvoir traverser. Il comprend notre demande mais nous répond que cela n’est pas possible. Zut alors! Nous n’allons pas revenir en arrière car il est déjà 16h et aussi parce que c’est déprimant de rebrousser chemin. Frédéric tente un dialogue mais personne ne parle anglais. Ça va être difficile. Une autre personne rejoint le garde. L’un passe des coups de fil puis tente de traduire via une application. Nous comprenons que ce n’est pas possible de passer avec les vélos. Nous proposons de marcher et de pousser nos vélos. Ce n’est pas possible non plus. Il faut rester sur notre position tout en souriant et en étant détendu et patient. Difficile parfois. D’autres hommes arrivent. Tous conversent presque uniquement avec Frédéric. C’est une des première fois que cela nous arrive. Puis trente minutes plus tard, à force d’appels et de négociations ils nous autorisent à passer mais en mettant nos vélos dans un pick-up et en montant dans une voiture. Deux allers-retours seront nécessaires car seulement deux vélos passent sur le véhicule. Ouf!!

En se quittant, nous les remercions et certains nous prendront en photo avec eux. Ils sont dingues ces Chinois. Puis c’est la montée du col d’une longueur de 6 km! Tiens des cochons ils sont si rares à voir. Ils passent directement dans les assiettes. Nous n’en n’avons pas encore vu ailleurs qu’en camion malheureusement.

Allez nous camperons ensuite quelque part dans la descente.

La montée est belle. C’est plein de verdure et des locaux qui travaillent dans les cultures. Le soleil descend gentiment. Nous arrivons en haut et nous sommes prêts à ouvrir l’oeil pour dénicher un bivouac idéal. Puis cette voiture qui s’arrête au milieu de la route pour nous demander si nous avons besoin de quelque chose. Nous expliquons que nous cherchons un endroit pour camper et dormir. Ni une ni deux la conductrice nous fait signe de la suivre car elle a apparemment une solution pour nous! Frédéric est en tête et pédale vite avec ses roues de 28 ». Nous suivons comme nous pouvons la cadence mais ça va très vite. Trop. Nous perdons la voiture et Frédéric avec. Cette jolie descente (avec des bouts de plats) terminée nous nous interrogeons : les a-t-on loupé ou doit-on continuer à descendre encore jusqu’au village? Dans le doute nous envoyons un message à notre coéquipier qui ne tarde pas à nous donner le feu vert pour rejoindre le village. Il y a du monde dis donc dont un homme parlant relativement bien anglais et qui sera notre interprète. Son nom européen est Peter. Nous suivons le même véhicule pendant cinq minutes encore sur une route parallèle à celle que nous avons emprunté. Ça descend sur de jolies propriétés et voilà nous sommes arrivés. Il y a plusieurs homme dont Peter. Il nous fait comprendre qu’il sont du gouvernement. Nous ne savons pas réellement ce que cela signifie mais nous sommes reçu comme des rois. Jouxtant la maison, il y a une sorte de véranda. Nous serons logé dans cet espace presque vierge en dehors de chaises et d’une petite table. Les toilettes sont accessible via une petite cour. Puis nous rencontrons la cheffe du village, Madame le Maire. C’est une femme d’une infinie générosité et bonté. Elle nous prépare une mangue fraîche incroyable. On réapprovisionne l’eau de la fontaine. En Chine ce qui est génial c’est que ces fontaines donne de l’eau très chaude et froide! Pratique pour le café du matin et la soupe. Puis nos hôtes prennent congé.

Nous voilà à l’abri et prêts à nous organiser pour la nuitée. A côté c’est la fête et la musique est à fond. Oh un énorme papillon! Magnifique.

En Chine ils peuvent écouter le même morceau en boucle! Ça met l’ambiance c’est bien. Au menu de ce soir, spaghettis avec tomates, courgettes, carottes, ail et une pointe de piment. Un régal.

VENDREDI 2 NOVEMBRE 2018

La nuit fut bonne. Nous découvrons une invité surprise.

Pour le petit déjeuner Madame le Maire insiste pour que nous nous servions et mangeons des céréales instantanées qui se mélangent avec de l’eau chaude. Quelques raisons secs en plus et c’est parfait. Elle nous apportera des oeufs cuits et des saucisses. Pour ces dernières, Julie arrive à manger une bouchée. Frédéric fait l’autruche. Mumu n’a pas vraiment le choix et la mange entière. C’est meilleur que les dernières que nous avons goûté. Nous quittons ce havre de paix en prenant quelques photos et c’est parti!

Heureusement nous n’avons pas à remonter la route car nous pouvons continuer à descendre pour retrouver la grande route. Il fait beau et chaud quel bien! Nous nous arrêterons très vite au premier restaurant que nous trouvons sur la route.

Il ne faut pas faire les difficiles car ils ne courent pas les hameaux et avec l’effort que nous fournissons nous devons bien nous nourir.

La patronne est adorable et est au petit soin pour nous. Comme il aime bien le faire, Frédéric commande au hasard trois plats sur la carte tout en chinois. Voici un petit apperçu.

L’un avec du lard qui est très bon. Un autre doit sûrement être à base de soja et ressemble à du tofu et le dernier est du riz. La patronne nous proposera encore un plat avec de la viande. Le cadre est très joli avec vu sur la rivière.

Nous reprenons la route qui grimpe un peu malgré tout. Route barrée?

Juste de la boue et de la boue avec des camions et des machines de chantier. Petite mise en scène 😉

Plus loin la route qui se dédouble. Un panneau surréaliste à l’entrée d’un tunnel que nous ne prendrons pas!

Nous longeons la rivière mais pas comme nous l’imaginions. En effet c’est une route en aménagements perpétuels, barrages, route. Il y a alors beaucoup de camions qui transitent et la vue n’est pas des plus chouette.

C’est aussi impossible pour poser une tente et nous nous demandons bien où nous allons passer la nuit. La route est parfois escarpée.

Il est 17h30 passés et toujours aucune solution. Nous décidons d’aller demander à des locaux dont la maison borde la route (c’est un hameau) s’il serait possible de dormir sur leur toit couvert. Ils refusent. Mais nous connaissons un peu la manière à adopter. Nous n’avons pas vraiment beaucoup d’autre possibilité alors nous patientons, tentons de discuter via des applications. Pas de panique on le veut ce bout de toit! Entre temps on nous suggère d’aller planter la tente chez le voisin mais c’est en bord de route et pas vraiment adéquat. Et d’un coup c’est bon, la femme donne son accord! Top! Nous mettons les vélos dans la cour et on grimpe notre fardeau en haut sur cette immense terrase couverte qui sert bien de buanderie.

Nous sommes bien et nous décidons même de dormir sans tente puisque la température et l’abri nous le permettent. Une mante religieuse viendra s’immiscer entre nous.

Nous avons accès aux toilettes aussi c’est parfait. La nuit sera un peu bruyante du fait du passage des véhicules et essentiellement des camions.

SAMEDI 3 NOVEMBRE 2018

Départ vers les 9h30-10h environ. Nous quittons cette famille et laissons notre ballon Mongol aux enfants. Il fait encore un peu frais mais cela va se réchauffer nous le sentons. La route est vallonnée et il va falloir ouvrir l’oeil pour le restaurant de midi. En route Frédéric se renseigne pour savoir si un prochain village n’est pas loin et il reçoit un splendide bol de riz avec pleins de bonnes choses dedans. Mu a aussi faim et partagera ce bol. En route nous traversons un village où Frédéric profitera pour s’alimenter.

Mu et Ju ratent le coche et le repas de midi leur passera sous le nez car il n’y aura plus rien ensuite. Cela sera Snickers, fruits et biscuits!

La route est toujours autant fatiguante et étroite tout de même et toujours surplombant cette rivière que nous ne pouvons guère approcher ; les routes sont très au-dessus pour éviter les innondations à cause de la présence de nombreux barrages.

La fin de journée approche et les hameaux s’aditionnent mais toujours pas de plan-dodo!

Nous traversons une dernière maisonnée et puis Frédéric va quand même demander à son propriétaire s’il serait possible de squatter son bout de dalle bétonnée pour monter deux tentes. Il accepte sans broncher. Youpee! Notre charmant hôte nous invite même à boire des coups d’un alcool fort et fort intéressant.

Quelques shots et la nuit sera bonne. Merci à lui! Il nous apporte aussi la bouilloire pour notre repas-nouilles instantanées et pour le petit-déjeuner.

Demain nous avons encore 20 km pour arriver en haut de ce col.

Bien à vous’

MuJu

Le Mont Emei (30-31.10.18)

MARDI 30 OCTOBRE 2018

La journée sera courte puisque nous n’avons que 20 km de route pour arriver à la ville d’Emeshan. Là nous irons à l’auberge car nous avons dans l’idée d’aller gravir cette fameuse montagne. L’auberge est au pied du Mont. Mais avant ça nous prenons une photo devant les papillons!

Et le Mont Emei n’est plus très loin!

Et l’entrée dans la ville arrive par la grande porte et des singes.

C’est touristique alors c’est très vite cher. La bouteille d’eau d’1,5 litre coûte le double du prix. Nous sommes vite accostés par un homme. C’est le gérant de ladite auberge « Teddy Bear ». Parfait c’est l’endroit où nous voulions aller! Nous aurons un dortoir pour tous les trois seulement. Nous rencontrons deux Français. Une Française qui a fait Le Mont hier en 5h et moyennant quelques transports!

Le soir nous irons manger dans un restaurant local. Mumu va devoir s’habituer un peu aux plats épicés typiques de la province du Sichuan. La province du Yunnan elle sera différente. Demain c’est décidé nous irons au Mont Emei! Frédéric ira parcourir les temples de la ville et prendra sa journée pour lui.

MERCREDI 31 OCTOBRE 2018

Il faut beau et il est 6h30. Mieux vaut prendre son temps pour se préparer à cette belle et grosse journée. Seule une Allemande est réveillée elle aussi et prend son petit déjeuner : un plat de nouilles. Elle a raison. Mu est incapable d’une telle chose. Ju y réfléchit gentiment. Notre nouvelle copine a prévu de passer deux jours pour cette ascension. C’est ce qui est prévu normalement mais c’est possible de l’effectuer en un jour en prenant un premier bus puis deux téléphériques et un dernier long bus pour redescendre. Évidemment tout cela a un coût et pas des moindres.

L’auberge regorge de mots sur les murs laissés par les touristes. Il y en a un qui a écrit au sujet du Mont : que cela en vaut la peine! Ça nous motive encore plus car la totalité du chemin est composé uniquement de marches (60’000).

Le Mont Emei est l’une des quatre montagnes boudhistes sacrées. Son plus haut sommet est a 3’079 mètres. 50 km sont nécessaires pour arriver jusqu’en haut à pieds. A l’époque il fallait 10 jours aux pèlerins boudhistes et visiteurs pour atteindre le sommet puisque c’était un long chemin escarpé. Aujourd’hui avec l’aménagement existant cela facilite la montée des touristes. Près de 300 moines et nonnes vivent dans 30 monastères encore en activité sur la montagne. Voici l’itinéraire et les distances.

De l’auberge au départ des bus il y a 2 minutes de marche. Les bus partent toutes les demi-heure. Nous prendrons celui de 8h. Avant cela nous devons passer nos affaire aux rayons X. Comme souvent c’est très laxiste et mon couteau passe toujours entre les mailles. Pour manger les fruits il faut être équipé! D’ailleurs pour notre équipement nous avons fait le choix de monter léger et avec de quoi manger car là-haut tout est (extrêmement) majoré pour les touristes. Un déjeuner composés de graines et de fruits secs locaux, deux Snickers, des pommes et de l’eau. Notre copine d’Allemagne nous rejoint in-extremis dans le bus. Elle n’est pas habituée aux trecks alors espérons que ça va aller. De notre côté cela devrait être bon. Nous sommes bien entraînées même si ce sont d’autres muscles qui travaillent. Il faut que nous montrons que nous sommes bien Suisses!

Arrivées au premier stop de bus, nous prenons vite un premier téléphérique pour nous faire gagner quelques kilomètres. Là aussi il faut payer. La montée est rapide, quelques minutes seulement. Beaucoup de touristes et essentiellement des Chinois. La majorité viennent voir les temples qui sont tous payants. Nous monterons au sommet sans les visiter à cause du coût et aussi du temps supplémentaire que cela engendre. Ce qui nous intéresse c’est l’effort, la végétation, la sérénité du lieu et l’ascension. C’est parti, il est 9h environ lorsque nous débutons la marche. Mumu distance rapidement Juju qui prend son temps. Elles se retrouveront peu après pour marcher ensemble la journée durant.

Nous sommes chanteuses car les couleurs d’automne sont là et cette nature est de toute beauté. Seulement quelques touristes croisés et puis plus rien, personne. Il y a la montagne et nous et la vue et les arbres et pas de singe malgré les nombreux panneaux préventifs.

C’est physique et ça grimpe sec. Il y aura des pentes de plus de 35 degrés.

Nous ferons une pause pic-nique vers un des monastères et puis en chemin Julie butera sur une marche (irrégulière) et se tordra la cheville… Mince! Toujours la même qui est faible. Heureusement le muscle est bien chaud et ça va pour affronter la suite. Nous verrons lorsque le muscle sera froid. Nous aurions été très embêtées au milieu de toute ces marches. Au sujet des singes, nous n’en verrons qu’un durant toute la montée et quelques uns vers le sommet touristique en allant prendre le téléphérique !

Ici, des marchands et vendeurs de nouritures et même des porteurs. Nous arriverons à l’arrivée des bus. Là il y a les touristes qui affluent en masse. Difficile de les fuir mais pas le choix si nous souhaitons aller tout en haut. Il y a des possibilités pour dormir dans des monastères sur le parcours mais c’est très cher.

Pour arriver au sommet après plus de six heures de marches nous prenons la décision de prendre le deuxième téléphérique (un peu plus long). Il est 15h30 environ lorsque nous arrivons au sommet bien aménagé! Le dernier bus est à 17h. Nous avons une marge c’est bien. En attendant nous sommes heureuses et profitons du spectacle.

Il n’y a pas trop de monde en haut et nous nous en réjouissons. Nous sentons tout de même l’altitude et la descente en bus sera difficile pour Mu qui aura mal à la tête encore toute la soirée.

Nous sommes ravies de cette très belle journée et prêtes à pédaler demain déjà; )

Bien à vous’

MuJu

Trois Suisses en direction de Lijiang (28-29.10.18)

DIMANCHE 28 OCTOBRE 2018

Ça y est on s’est mis d’accord pour rouler ensemble avec Frédéric. Nous allons dans la même direction et ça peut être chouette de rouler ensemble. Ni une ni deux nous décollons vers 10h et des poussières. Il suffit de sortir de cette grosse ville! Mais avant : petit billard.

Allez fini de s’amuser un faut rouler.

Et les pandas nous narguent.

Pour sortir de la ville cela prend du temps et des kilomètres (environ 20 km).

La route est plate aujourd’hui et il faut chaud. C’est depuis Chengdu que l’on sent la différence de climat. Ici c’est plus humide.

Des attractions dans de nombreuses villes mais qui restent immobiles.

A midi nous avons déjà tous faim et nous déjeunons dans un petit restaurant local. C’est excellent et très bon marché. Il faut se remettre en route et la digestion commence. On ferait bien une sieste!

La vue est belle par où nous passons. Il y a du trafic mais modéré.

C’est un peu brumeux mais ça a du cachet.

Nous nous arrêtons après 78 km. Difficile de trouver un lieu de camping proche des villes et des villages. Nous trouvons tout de même un endroit propice là où il y a des tas de potagers privés. C’est chouette. Une grande salle de béton fera l’affaire. C’est calme. Quelques badauds se promènent encore à cette heure mais personne ne viendra nous déranger.

Frédéric et Julie se feront un bon petit plat pendant que Mumu ira se reposer et tenter de digérer. Mauvaise nuit pour Mumu mais du riz (ce n’est pas ce qui manque) et des coups de pédale et quelques jours tranquilles sauront la remettre sur pied!

Le réveil de ce matin se fera aux doux sons d’un Chinois pratiquant la gymnastique et en claquant des mains ; un régal 😉

LUNDI 29 OCTOBRE 2018

Avant de partir, quelques photos le long de la rivière que nous surplombons. Tiens un vélo! Julie voulait prendre la selle pour voir si elle était meilleure qu’une Brooks…mais c’est bien fixé, ce sera pour une autre fois.

La route monte un peu plus que la veille mais ça va. Mumu n’est pas bien mais suffisamment pour tenir sur son vélo.

Plus nous nous dirigeons au sud et plus nous observons un changement de paysages. C’est plus vert par ici et ça cultive partout. Du riz et autres légumes.

La pause déjeuner arrive bien vite pour deux affamés.

Pour Mumu c’est encore la diète.

Ici c’est l’endroit priséet où tous les travailleurs viennent manger.

Le longs des routes il y a des riches colorées et c’est joli.

Et puis sur la route c’est la catastrophe. Julie en tête. Mumu en second. Frédéric qui ferme le peloton. Un qui freine sans vraiment crier gare et laisser le temps aux autres de réagir . Frédéric tombe et manque de très peu de se faire rouler dessus par des véhicules! Grosses éraflure et contusions. Beaucoup de peur. Un peu de mal aussi mais ça roule! C’est costaud un cyclo.

Après 73 km on est tous fourbus et on trouve miraculeusement un lieu de campement un peu en dehors d’un village. Une grosse salle de béton juste après un pont (en béton). Nous sommes entourés par la végétation et vaut mieux dormir sur un sol dur que sur un lit d’araignées. Nous sommes proches d’une ligne de chemin de fer c’est extra!

Bonne nuit avec quelques trains (qui klaxonent c’est mieux). Le réveil? Au douces voix (bien criardes) de quelques femmes. C’est Frédéric qui ira leur dire bonjour et leur expliquer deux-trois différentes choses pour les calmer. Entre ce que nous expliquons en français et les noms des villes c’est à peu près compréhensible on dirait. Ouf!

Un ouvrier viendra admirer nos vélos. Lui aussi est à vélo. Mumu en profite pour le prendre en photo. Il vient de couper du bambou. On n’a pas réussi à savoir pour quelle utilisation.

Demain nous nous dirigeons vers la ville d’Emeshan où siège le Mont Emei!

Bien à vous’

MuJu